mercredi 30 novembre 2005
Norman Maclean
...
"Tu aimes raconter des histoires vraies, non ?" m'a demandé mon père. Et
j'ai répondu : "Oui, jaime raconter des histoires qui sont vraies".
Alors,
il m'a demandé : "Une fois que tu en auras fini avec tes histoires vraies,
pourquoi n'essaierais-tu pas, un jour, d'inventer une histoire et les personnages
qui iraient avec ? C'est seulement comme ça que tu comprendras ce qui s'est
passé et pourquoi. Ceux avec qui nous vivons, qui nous sont proches, et que
nous sommes censés connaître le mieux, sont ceux qui nous échappent le plus".
Aujourd'hui, presque tous ceux que j'ai aimés sans les comprendre
quand j'étais jeune sont morts, mais je n'ai pas renoncé à chercher à les
connaître.
Bien
sûr, à mon âge, je ne vaux plus grand-chose comme pêcheur, et bien sûr, le
plus souvent, je pêche seul dans les grandes rivières, malgré mes amis qui
trouvent que ce n'est guère raisonnable. Souvent, comme beaucoup de pêcheurs
à la mouche de l'ouest du Montana, où les jours d'été sont d'une longueur
presque boréale, j'attends la fraîcheur du soir pour commencer à pêcher.
Alors, dans le demi-jour boréal du canyon, tout ce qui existe au monde s'estompe,
et il n'y a plus que mon âme, mes souvenirs, les voix mêlées de la Blackfoot
River, le ryhtme à quatre temps et l'espoir de voir un poisson venir à la
surface.
A la fin, toutes choses viennent se fondre en une seule, et au milieu
coule une rivière. La rivière a creusé son lit au moment du grand déluge,
elle recouvre les rochers d'un élan surgi de l'origine des temps. Sur certains
rochers, il y a la trace laissée par les gouttes d'une pluie immémoriale.
Sous les rochers, il y a les paroles, parfois les paroles sont l'émanation
des rochers eux-mêmes.
Je suis hanté par les eaux.
Norman Maclean - La rivière du sixième jour
jeudi 24 novembre 2005
A Rome
A Rome, Sarah piétonne
Chemine sereine entre les ruines
Elle s'esclaffe, elle s'étonne
Puis s'adonne au lèche-vitrine.
Place Saint-Marc
Place Saint-Marc, à Venise
Un quidam en bras de chemise
Echange d'affecteux propos
Avec une volée d'oiseaux.
Les témoins de la scène
Interloqués se souviennent
Des sourires béats et tranquilles
Du quidam et des volatiles.
lundi 21 novembre 2005
Poète, tes papiers !
En cherchant une illustration de Brassens pour le "glossaire",
je suis tombé sur le document ci-après.
Il est tout à fait à sa place ici.
Georges Brassens
Dompteur intrépide qui apprivoisa la langue française
avec une plume en guise de fouet.
Et qui la fit ronronner sur des airs de guitare.
Groucho Marx
Farceur impénitent et féroce qui exploita implacablement
le capital de son humour.
Pier Paolo Pasolini
Footballeur audacieux, artiste sombre et perplexe,
homme de chair, d'esprit et de douleur.
Son fantôme, joueur et inoffensif,
sillonne inlassablement les entrailles de Rome.
Alain Delon
Philosophe parisien, fondateur de l'école narcissique.
Reconverti dans le cinéma, il oeuvra à la confection de sa caricature.
Devint célèbre ainsi.
Michel Piccoli
Ami de Vincent, de Paul et des autres.
Acteur à la voix torride et au regard glacial.
Manie aussi bien la morsure que la caresse.
dimanche 20 novembre 2005
Marcello Mastroianni
Flâneur, funambule, prestidigitateur désinvolte et facile.
Vécut en coup de vent, entre deux rendez-vous galants.











