chambre avec vue

... et faits personnels

dimanche 11 décembre 2005

1%

chirac



Selon un sondage réalisé pour le JDD, 1% seulement des Français souhaitent la candidature de Jacques Chirac, à la prochaine présidentielle.

En clair, ça veut dire : "Merci Dugenou, on t'a assez vu. Maintenant, tu dégages..."


Dans quelques années, on se demandera qui était Jacques Chirac. Ceux qui ont la mémoire longue et amère répondront "un menteur, un tricheur, un bonimenteur et cetera".
Certes, tout cela est vrai. Les grandes magouilles et petits larcins de Jacques Chirac sont archiconnus et si la justice française n'était pas celle d'une république bananière, notre futur-ex président finirait probablement ses jours sur la paille humide du cachot. Or dans quelques mois, il partira buller dans une retraite dorée à l'or fin.  Oui, c'est une honte, mais peu importe à présent. Ce qui est fait est fait, l'essentiel est qu'il s'en aille enfin.
De son oeuvre politique, ses partisans retiendront la suppression du service national, la reconnaissance officielle de la complicité de l'Etat français dans la déportation des Juifs de France et une attitude courageuse face aux USA, notamment à l'occasion de la deuxième guerre du Golfe.
Ses détracteurs retiendront une interminable succession d'affaires, de coups tordus et de mensonges, régulièrement dénoncés par la presse mais jamais sanctionnés par la justice.
A ce propos, le tort infligé par Jacques Chirac à toute la classe politique est durable. Si potentiellement, le politicien est aujourd'hui davantage perçu comme un voleur de poules que comme un serviteur de la collectivité, c'est à cause de Jacques Chirac. Personne autant que lui ne nous a donné l'impression que le politique évoluait dans une sphère d'impunité totale, où le fait de se faire pincer avec les doigts dans le pot de confiture ne prêtait pas à d'autre conséquence que quelques articles hilarants dans le Canard Enchaîné ou, dans le pire des cas, un non-lieu dans un palais de justice.
Chirac, c'est l'arrogance des nantis, des puissants et des détenteurs de passe-droits. C'est la quintessence même du concept d'égalité bafouée en toute décontraction. Chirac, qui se pose comme le chantre du gaullisme, aura passé sa vie à en déshonorer l'un des principes.
Sous d'autres cieux, il aurait été jugé et jeté en prison. En France, il aura des rues à son nom.

Posté par sksk à 21:41 - Mort aux cons - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Bien vu : ce billet figure dans la rubrique "Ras la casquette" et non dans "Grandes figures d'hier et d'aujourd'hui".

Au passage, on peut mesurer toute l'ambition du Plan de Cohésion Social : les rues Chirac sont encore à construire.

Posté par LChe, lundi 12 décembre 2005 à 20:10

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