samedi 26 août 2006
Quelles sont les trois choses...
... que tu fais le mieux ?
C'est la question qui m'a été sibyllinement soumise hier. Sans trop y réfléchir (car je suis comme ça), j'ai répondu :
- La sieste
- Le boeuf en daube
- Le remettage en place des pièces après une partie d'échecs
Mais à la réflexion, je trouve que la question n'est pas si simple que ça. Voilà pourquoi elle est sibylline.
Ami/e lecteur/trice... sois joueur/euse et lance-toi : quelles sont les trois choses que tu fais le mieux ?
samedi 5 août 2006
Les yeux d'Annie
La courbe des tes yeux
La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu
C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.
Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,
Parfums éclos d'une couvée d'aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l'innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.
Paul ELUARD, Capitale de la douleur (1926)
Je me souviens d'Annie Kruger, ma professeur de français à l'école où j'ai passé le bac. Une belle femme, au seuil de la quarantaine, qui faisait abondamment fantasmer l'ado que j'étais. Une enseignante intraitable et cinglante, au "sourire parfumé", qui savait payer l'effort à son juste prix.
Entre potaches, on l'appelait "Annie-à-nous", sans doute pour se venger du fait qu'on ne l'aurait jamais à nous.
Un jour, Annie nous a présenté Eluard, via ce poème. Et je me souviens très bien que ce jour-là elle a dit : "C'est un de mes poèmes préférés... je le trouve magnifique". Elle n'a pas ajouté : "Huhuhu..." car ça n'était définitivement pas son style.
Je me souviens avoir sué sang et eau sur des commentaires composés, juste pour qu'elle me mette des bonnes notes. Pour lui plaire.
Quelques années après avoir quitté l'école, j'ai appris qu'elle était décédée prématurément d'une sale maladie.
Quand je retombe sur Eluard, je me souviens d'Annie.





